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Les services de la vie étudiante aux Etats-Unis

Les services de la vie étudiante aux Etats-Unis





Intervention de Martha Sullivan, qui est, depuis 2003, Conseillère auprès du Vice-Président chargé des relations extérieures de l’université de Tulane en Louisiane. Elle était auparavant vice présidente de la vie étudiante et rectrice des étudiants de 1984 à 2003. Elle est directrice des Relations Internationales pour le Symposium de l’Association Nationale des Personnels Administratifs des Affaires étudiantes des universités jusqu’en 2006.

Martha Sullivan, représentante de la NASPA

Bonjour tout le monde. Monsieur le Sénateur, Monsieur le Directeur de l’Enseignement Supérieur, Monsieur le Directeur du CNOUS, chers collègues du CNOUS et des CROUS et chers étudiants, qui sont parmi nous aujourd’hui.

C’est pour moi un grand honneur ainsi qu’un énorme plaisir de me trouver parmi vous à l’occasion du 50ème anniversaire de la Fondation du CNOUS. Je vous félicite de la part de mon université à la Nouvelle-Orléans et de la part de la NASPA (l’Association Nationale des Services pour les Etudiants).

Bien que la NASPA ait maintenant des échanges avec dix à douze pays, c’est avec la France que nous avons eu notre premier échange. C’était, je crois, en 1995.

Dans mon université, j’ai l’habitude durant les sessions d’orientation des nouveaux étudiants de donner quelques exemples de la façon dont les universités jouaient au début de notre histoire le rôle de parents en supervisant la vie quotidienne des étudiants et je cite.
En 1812, le Président de l’Université Braun écrivait à un père : "J’ai instamment demandé à votre fils de ne pas contracter de nouvelles dettes sans m’en aviser, car je m’aperçois que la notion de la valeur de l’argent semble ne pas avoir retenu son attention".

A la même époque, le Président de l’Université de Géorgie armé de sa longue vue scrutait l’horizon à la recherche d’étudiants quittant la ville en violation des règles de l’institution et, à Dartmouth, le Président Lord prenait place dans la chapelle tout en récitant par cœur des versets de la Bible et épiait derrière ses lunettes de verres sombres tout signe de dissipation parmi ses étudiants.

Bien que l’on puisse être tenté de dire que cette sorte d’attitude n’est pas sans rappeler celle de certains Américains occupant, aujourd’hui, de hautes fonctions administratives, il faut reconnaître que le monde universitaire a beaucoup changé depuis ce temps lointain de notre période coloniale. Avec la multiplication du nombre des universités et l’apparition d’une population étudiante beaucoup moins homogène, A la fin du XIXème et au début du XXème siècle ; le rôle de guide moral, jusque là assumé par les présidents d’université s’est transféré à de nouveaux responsables, doyens des hommes, dean of men et doyennes des femmes dean of women. Ce dernier poste créé pour protéger les jeunes femmes des atteintes à la morale, résultant du fait qu’elles étudiaient dans des institutions dominées par les hommes.

Durant la première moitié du XXème siècle, les services aux étudiants demeurèrent séparés en fonction de critères de sexe et de race. Ces distinctions s’appliquaient aussi aux organisations professionnelles nouvellement créées.

Ce n’est qu’à partir de 1951 que le sigle NASPA commença a être utilisé pour désigner la principale organisation regroupant les administrateurs masculins chargés du service aux étudiants. Dix ans plus tard, leur équivalent féminin allait progressivement les rejoindre. Peu à peu, le titre doyen des hommes et doyenne des femmes fit place à celui plus général de doyen chargé des rapports avec les étudiants dean of students pour aboutir enfin, à la fin des années 60 à la création de Vice-Président en charge des rapports avec les étudiants, une évolution qui reflétait la part grandissante prise par la gestion de ces rapports dans l’administration générale de l’université et ce en particulier, pendant la période des protestations qui agitèrent fortement nombre de nos campus pendant la guerre du Viêt-Nam.

NASPA, l’Association Nationale représentant tous les administrateurs chargés des rapports avec les étudiants n’a pour but ni de contrôler, ni de légiférer sur ce qui se passe dans les campus de nos états. Elle constitue en fait un simple réseau, mais c’est une voix très écoutée à Washington. On devient membre sur une base volontaire.

Contrairement à ce qui se passe en France, et à l’exception cependant de nos grandes écoles militaires, l’éducation n’est pas aux Etats-Unis de la responsabilité du pouvoir central, mais de celle de chacun de nos états. Les établissements de l’éducation supérieure sont au nombre de 4 000 dont la moitié environ est financée par les Etats et l’autre moitié par le privé. De plus, les services aux étudiants sont rattachés de façon indépendante à chacune de ces institutions universitaires. En conséquence, les organigrammes peuvent se ressembler, mais sont rarement identiques, ce qui rend difficile l’établissement de comparaisons significatives et d’analyse comparative qui soit valable. La plupart sont effectués par des Associations professionnelles particulières liées aux différents bureaux qui, ensemble, forment l’unité de service aux étudiants ; j’ai dressé une liste que j’aie ajoutée et que je pourrai envoyer si quelqu’un s’y intéresse.

Les défis qui sont aujourd’hui lancés à nos services ne sont pas véritablement différents de ceux auxquels doivent faire face nos pays. Nous sommes bien loin de l’époque où les populations estudiantines étaient à tous points de vue homogènes.

Nos résidences universitaires tendent maintenant à devenir 24 heures sur 24 des sortes de cocottes minutes à l’intérieur desquelles les différences d’origine géographique, ethnique ou religieuse, les différences de sexe, de langage, de conceptions de familles ou de goûts musicaux sont négociées heure par heure en vase clos. Alors que nous avions 1 400 000 étudiants à former au début des années 40, nous en avons maintenant plus de 15 millions.

Entre 1976 et 2000, le nombre d’étudiants blancs non hispaniques a chuté de 82 % à 68 %. Durant cette même période, les étudiants noirs non hispaniques sont passés de 9 % à 11 %. Les hispaniques sont passés de 3 % à 9 % et les étudiants d’origine asiatique sont passés de presque 2 % à 6 %. Ceux que nous englobons sous le terme de minorité et qui représentaient en 1976 15 % du total des inscriptions constituaient alors 28 % de nos étudiants.

Il faut également dire qu’il y à plus de femmes que d’hommes et cela continue à s’accroître de jour en jour. En ce qui concerne la population étudiante internationale, il y a à peu près 500 000 étudiants étrangers, mais c’est le nombre le plus bas enregistré depuis 1971. 57 % de ces étudiants sont originaires d’Asie, dont 67 % se financent eux-mêmes ou sont aidés par leur famille injectant ainsi 12 milliards de dollars dans notre économie.

Cet afflux d’étudiants et les nouveaux besoins résultant de leur plus grande hétérogénéité n’ont pas correspondu à une augmentation des financements. Je répète ce que tout le monde a dit ce matin, il me semble. Entre 1986 et 2001, la moyenne des dépenses pour une année de premier cycle, c'est-à-dire de bacheliers même si ce n’est pas exactement le mot correspondant, les frais d’inscription de logement et de nourriture, sont passés dans les universités d’Etat d’environ 3 000 euros à environ 7 000 euros et pendant cette même période, dans les universités privées, d’environ 8 000 à presque 18 000 euros.

Pour les études avancées, maîtrise et doctorat et dans les universités de spécialité, droit et médecine par exemple, le coût est encore plus élevé. Dans une Faculté de Médecine privée, les frais d’inscription sont d’environ 29 000 euros et le coût global d’environ 39 000 euros. A la fin des quatre années d’études, un étudiant en médecine a des dettes d’environ 92 000 euros. Il n’est donc pas surprenant que les étudiants en médecine fortement endettés hésitent à choisir des spécialités les moins lucratives. Chez nous, la famille est responsable du financement de l’éducation supérieure, c’est la sanction de base.

D’autres sources de financement comme celui du Gouvernement fédéral existent, et ceux de l’Etat et des universités jouent un rôle dans deux cas seulement. Premièrement, quand la famille n’a pas les ressources nécessaires et deuxièmement, quand une université cherche un étudiant doué d’une talentueuse aptitude scolaire. Vous avez devant vous une présentation en camembert de l’aide totale pendant l’année scolaire 2003 et 2004. Je l’ai laissée en dollars, mais comme vous pouvez voir, elle est de 122 milliards et vous voyez immédiatement que les prêts fédéraux y jouent le rôle le plus important. Ce sont bien sûr les prêts à rembourser à taux réduit et c’est suivi des bourses universitaires, les Etats n’ajoutent que 6 millions de dollars environ et il existe aussi d’autres prêts qui dépendent du Gouvernement ainsi que des banques.

En 2003, 76 % des étudiants du 1er cycle et 73 % des étudiants en second et troisième cycle (maîtrise et doctorat) recevaient une aide financière. En moyenne, l’aide totale était de 8000 euros dont une moyenne de 4500 euros correspondait à la somme empruntées par les étudiants. La bourse, c'est-à-dire un don qui n’est pas à rembourser, la bourse moyenne est de 3 000 euros, ce qui est assez récent dans notre manière de calculer. La réduction dans les impôts était de 417 euros. La modification dans ce que l’on appelle le paquet d’aides financières (financial aid package) continue. Tandis que les bourses représentaient 80 % de l’aide fédérale en 1975, elles ne représentaient plus que 17 % en 2000, d’où le besoin de contracter de plus en plus de prêts.

Je vous montre brièvement, les différences entre les bourses, c'est-à-dire l’aide financière pour les étudiants plus ou moins diplomés. En bref, les étudiants de deuxième et troisième cycle reçoivent de moins en moins de bourses et de plus en plus de prêts, ce qui rend la situation très difficile. Au vu de telles statistiques, il n’est pas étonnant de voir nos étudiants réagir en consommateurs. Pensant à leur avenir professionnel, ils posent la question : Où cela me mène-t-il ? Et ils voient l’éducation non comme une fin, mais seulement comme un moyen. Aujourd’hui, 20 % de tous les diplômes décernés sont des diplômes centrés sur la gestion et comme vous pouvez voir, les sciences de la santé ont augmenté de 25 % tandis que ceux qui étudient les mathématiques et la chimie baissent énormément et je vois d’énormes conséquences pour nous dans l’avenir.

Non seulement nous essayons de répondre à toutes ces questions de ressources, mais nous devons en plus faire face, aujourd’hui, à toute une série de difficultés sociales et problèmes de santé dont parlaient ce matin nos collègues japonais. Les étudiants arrivent lestés de lourds bagages. Ils veulent des carrières assurées, des relations stables et la stabilité financière, d’où les changements dans les choix de spécialisations mentionnés plus haut.

De même, sur nos campus, cette augmentation de stress se manifeste de toutes les manières, que ce soit dans les salles de cours, dans les résidences universitaires et même devant les conseils de discipline. En même temps que les coups et les pressions, les attentes augmentent aussi. Les étudiants et leurs parents s’attendent à bénéficier de services plus nombreux et de meilleure qualité et veulent que l’on réponde immédiatement à leurs demandes.

L’accès immédiat offert par l’Internet ne fait qu’aggraver les choses. Les problèmes juridiques abondent. A un certain moment, je croyais connaître presque tous les avocats de l’Etat de New York et du New Jersey. Pour vous, Européens, le fait que les parents interviennent dans la vie des étudiants en université doit probablement paraître étrange. Pour nous, il y a une vingtaine d’années, c’était simplement inimaginable. Aujourd’hui, c’est une situation qui ne cesse d’empirer, que ce soit dans une école, dans une université privée ou une université d’Etat. Prions pour que cette mode ne traverse pas l’Atlantique.

Pour éviter de paraître n’insister que sur des difficultés auxquelles nous devons faire face, je voudrais terminer en suggérant quelques idées qui pourraient nous être bénéfiques avec un échange de nos expériences respectives. Les deux premières sont sujettes à discussions tous les jours chez nous, tandis que la troisième est rarement mentionnée dans des réunions de Vice-Présidents des services pour les étudiants.

D’abord, je vous parlerai du campus universitaire. Dans nos efforts pour combattre l’uniformisation croissante de notre environnement, le McDonald’s des campus, nous insistons de plus en plus sur l’importance que prennent le lieu, l’environnement et l’ambiance. Pour nous aux Etats-Unis, il s’agit essentiellement du campus universitaires, les résidences, les restaurants, les espaces de loisirs, les bibliothèques, les cafés, donc tous les lieux où les étudiants se retrouvent. Les plages horaires de plus grandes activités étudiantes ont tendance à se déplacer de plus en plus tard dans la journée et la nuit. Ça nous a amené à modifier les horaires d’ouverture et de mise à disposition de nos bâtiments de services.

Cela veut dire aussi que nous avons dû repenser le plan de nos campus et leur architecture et là, je pose quelques questions pour nous tous. Est-ce que nous posons les mêmes questions quand nous rénovons nos résidences ou restaurants universitaires ? Les principes qui nous guident sont-ils les mêmes ? Créons-nous plus de cuisines que ce soit en Allemagne, en France ou ailleurs simplement pour la seule raison que les étudiants aiment cuisiner ? Je ne crois pas. L’organisation des espaces est-elle conçue pour permettre une meilleure intégration des étudiants étrangers dans nos résidences universitaires ? Si oui, qu’est-ce qui réussit et qu’est-ce qui ne réussit pas ?

Deuxième point de discussion : c’est le voisinage. Un simple coup d’œil sur le site d’une de nos principales universités révélera que l’on y trouve une page intitulée : rapports avec le voisinage ou tendons la main aux voisins. Ce n’est que récemment que nos universités se sont sérieusement mises au travail pour améliorer les rapports entre villes et universités. C’est ce que l’on appelle town good relations.

En dépit de l’impact bénéfique de l’université sur la santé économique de l’agglomération voisine, les problèmes de logement, de trafic automobile, de stationnement et de bruit peuvent très vite provoquer chez nos voisins des réactions de rejet. Je pose à nouveau des questions. Comment communiquons-nous avec les communautés voisines ? Que pouvons-nous apprendre des partenariats du CNOUS/CROUS avec les autorités locales et les institutions universitaires ? Quelles sont les meilleures formes d’associations avec le voisinage qui seraient susceptibles d’améliorer les conditions de vie des étudiants ?

Et finalement, j’aborderai aussi l’international. Aux Etats-Unis, nous sommes dans ce domaine, cruellement en retard. Le CNOUS et les institutions européennes correspondantes nous ont laissés loin derrière quand il s’est agit d’encourager et de faciliter la mobilité des étudiants par-delà les frontières ? S’intéresser à ce qui se passe dans le reste du monde n’est tout simplement pas considéré comme étant stratégiquement important et faisant partie de nos responsabilités, par beaucoup de nos responsables du service aux étudiants et c’est vraiment une grande difficulté. Quelle stratégie élaborons-nous pour surmonter dans nos résidences les possibles conflits culturels, ethniques ou nationaux ? Nos problèmes d’intégration sont-ils les mêmes considérant que, dans chaque pays, les populations d’étudiants étrangers sont différentes ? Comment formons-nous notre personnel à cette expérience internationale et finalement, comment collaborons-nous pour offrir à nos étudiants plus de postes d’assistants à l’étranger ?

Les questions que je viens de poser ne sont que le point de départ de discussions à poursuivre avec les collèges réunis ici. Je vous remercie de m’avoir invitée à participer à cette merveilleuse célébration d’anniversaire et c’est un immense plaisir de pouvoir discuter de toutes ces choses avec des collègues d’assez longtemps et aussi de nouveaux collègues. Je vous remercie tous.



Echanges avec la salle

Floréal Hemery, vice-président étudiant du CROUS de Toulouse
D’abord, bravo pour votre français et ensuite, j’en viens à ma question. Tout simplement, quelles sont les instances qui peuvent être mises en place pour associer les étudiants à la gestion de tout ce qui peut bourses ou logement étudiant dont vous nous avez parlé ?

Martha Sullivan
Dans chaque université, c’est différent. Mais, en général, il y a, si j’ai bien compris la question, des Comités d’étudiants à chaque niveau de l’administration de l’université. Je parle de la mienne. Alors, ce sont les étudiants qui viennent parler de ce qui marche et de ce qui ne marche pas, que ce soit au Président, que ce soit au Vice-Président, que ce soit au Recteur. Mais, les étudiants participent à chaque niveau. Est-ce que j’ai bien répondu à votre question ?

Jacques Soulas
Dans l’esprit des Français, est-ce que c’est une voie délibérative ou consultative ? Nous, nous avons toujours ça derrière la tête.

Martha Sullivan
Ça dépend. D’abord, consultative et délibérative aussi, mais ça dépend vraiment. C’est le Président, chez nous, qui prend la décision finale, toujours parce que c’est lui qui doit répondre d’abord.

Marie-Christine Charlieu, sous direction des affaires internationales au CNOUS
Vous avez, dans votre présentation, donné des chiffres sur un critère que vous avez appelé race-ethnicité. Je voudrais savoir, comment dans les statistiques et même dans la gestion quotidienne d’une université, ce critère est géré aux Etats-Unis ? Comment est-ce qu’on détermine ce critère ?

Martha Sullivan
Ça fait partie du recensement national. Mais chaque étudiant s’identifie en faisant application à une université. Ils ne sont pas obligés de le faire, mais ils peuvent le faire. Mais, les différences qui sont ici, ce sont celles qui sont acceptées maintenant comme définition. Mais ça n’est pas vraiment un critère, mais on veut savoir. Ce n’est jamais un critère pour l’admission à une institution.
Et maintenant, au Texas, en Louisiane, au Mississipi, on ne peut pas donner des bourses selon les races. Ce qui est difficile parce qu’on a essayé de donner plus de bourses aux gens assez pauvres et de certaines races pour les aider à avoir une éducation supérieure. Mais, pour le moment, ce sont dans les cours.

Marie-Christine Charlieu
J'en profite pour poser une question à propos des défis. Le premier, c’était le campus et il y avait marqué 24/7 et vous n’avez pas expliqué ce que ça signifiait ?

Martha Sullivan
Le campus 24/7, ça veut dire que les gens qui travaillent au CNOUS et dans les CROUS doivent répondre aux étudiants et leurs parents 24 sur 24 et 7 jours sur 7 et que les étudiants veulent avoir accès à certains services très tard la nuit. Par exemple, l’an passé les restaurants universitaires sont restés ouvert jusqu’à minuit parce qu’il y a un quatrième repas vers 11 heures du soir.

Claire Magimel
Je viens de finir un doctorat sur la question de l’accueil des publics spécifiques à l’université en particulier. Jusqu’à maintenant, on a beaucoup entendu parler des étudiants de façon massive en tant que groupe d’étudiants. Dans CROUS ou dans les services de la vie aux étudiants que faites vous pour les étudiants qui ont des problèmes particuliers, pas seulement ceux qui sont handicapés, mais ceux qui, par exemple, sont des sportifs de haut niveau et qui ont besoin de conditions particulières ? C’est le problème du traitement de la masse par rapport au traitement individuel.

Martha Sullivan
C’est la loi. Nous faisons tous des efforts, que ça soit dans les sports, que ça soit dans les résidences, que ça soit même pour faire des études à l’étranger, mais c’est la loi. Nous devons le faire et tout le monde essaie de le faire. Ça nous coûte énormément, mais c’est ce que nous faisons.

Clément Boudin, vice-président étudiant du CROUS de Paris
J’avais, en fait, deux petites questions. La première, n’est pas uniquement au niveau de votre université, mais au niveau de tout le territoire des Etats-Unis. Je voulais savoir s’il y avait un projet ou s’il y avait déjà existence d’une harmonisation des différents systèmes d’aides aux étudiants ou si c’était vraiment chaque université ou chaque Etat qui décidaient eux-mêmes de leurs propres critères, de leurs propres systèmes d’aides aux étudiants ?

Martha Sullivan
La présentation camembert que je vous ai montrée, concernait le fédéral. Et, en général, c’est ce qui est le plus important et chaque institution par ses propres frais peut ajouter quelque chose, pour obtenir plus d’aides, ou plus de bourses dons ou ce que l’on appelle work studies. Les work studies, ça veut dire qu’un étudiant peut travailler dans nos bureaux chez nous, à l’université et le fédéral paye 7/8ème du salaire, et nous payons 1 dollar.

Clément Boudin
Et j’ai juste une deuxième question sur le fait religieux parce qu’on sait que les groupes religieux sont assez présents sur les campus américains. J’aimerais savoir s’il y a des œuvres caritatives religieuses qui peuvent ou qui gèrent des systèmes d’aides quels qu’ils soient, et s’ils sont autorisés à gérer ce genre d’aide sur votre campus, peut-être en particulier et aussi sur le reste du territoire ?

Martha Sullivan
Ça dépend aussi des institutions. Chez nous, c’est séparé tandis qu’à côté de chez nous, il y a une université jésuite. Alors, certainement là, la question religieuse rentre en compte, mais chez nous, c’est totalement séparé.

Marine Relinger, journaliste à L’Etudiant
Vous avez dit que le nombre d’étudiants étrangers était le plus bas enregistré depuis 1971. Est-ce que vous pouvez expliquer pourquoi ?

Martha Sullivan
Oui, c’est dû au 11 septembre et puis, c’est la politique de notre Président qui referme toutes les portes d’entrée. Avec le système mais c’est vraiment très difficile pour les étudiants d’obtenir des visas pour venir étudier chez nous.

Un intervenant
Bonjour, je voudrais savoir la part d’étudiants européens qui font des études aux Etats-Unis ?

Martha Sullivan
Ah, je n’ai pas les statistiques ici, mais je les ai à mon siège. Alors, vous pourrez me les demander et je pourrai vous les donner. Mais, ce n’est pas autant que les Asiatiques.



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